Cameroun: Jacques Fame Ndongo crée son université PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Albert Nna/LNE   
Mardi, 20 Avril 2010 09:31

Désavoué par les pères de l’Epc à l’université protestante d’Elat, le ministre de l’Enseignement supérieur œuvre pour l’ouverture de l’Institut supérieur laïc l’Equateur (Isle), qui lance ses enseignements dans une semaine.

Ebolowa vient de s’enrichir d’une nouvelle université privée. Ce nouveau né de l’enseignement supérieur a pour nom l’Institut supérieur laïc de l’Equateur (Isle).Créé par arrêté 10071/Minesup /DDES/ENSUP/SAC/EBN du 12 mars mars 2010, l’institution académique est une initiative d’un groupe d’intellectuels et d’enseignants réunis dans le cadre du Cercle de réflexion et d’action pour le développement du Sud Cameroun (Crades). Elle comprend trois facultés (sciences pharmaceutiques, sanitaires et médicales ; sciences de gestion et de la communication; et le génie industriel).

Pour sa première année de fonctionnement, l’Isle qui recrute sur concours dans les trois niveaux du cycle licence, compte arrimer ses enseignements au système Lmd. Le président du conseil d’administration, Pr André Zibi, parle avec enthousiasme d’une « université à vocation sous régionale qui entend donner une formation de qualité à ses étudiants et mettre ainsi à la disposition des grands chantiers annoncés dans la région du Sud, des produits de qualité qui répondent aux normes internationales». Même si, pour le moment, l’Isle d’Ebolowa, qui semble toujours en quête des moyens de sa politique, occupe provisoirement les bâtiments du lycée classique d’Ebolowa. « Notre université, poursuit le Pr André Zibi, ambitionne dans un avenir proche l’ouverture d’un campus définitif à Bilone, sur la route de Bityili, à quelque 2 kilomètres du centre ville ». Il ajoute que l’institution va travailler en partenariat avec d’autres universités et grandes écoles du pays. Pour le moment, l’université de Ngaoundéré, indique le Dr Béatrice Elom, membre du Crades, est le premier sur la liste. « Nos futurs étudiants y feront leurs stages académiques. Nous n’avons d’ailleurs aucune raison de nous inquiéter à ce niveau. Tant sur le plan des équipements, du matériel didactique que des enseignants qui vont dispenser les cours.» Interrogé sur les moyens financiers à pourvoir pour le fonctionnement de la nouvelle université, le Pr André Zibi estime que la première grande équation qui a été résolue, touche à l’ouverture effective de l’établissement. « Nous avons un important soutien en haut lieu », ajoute-t-il.
Rétablir l’honneur bafoué de l’Eglise
La réticence du président de l’Isle d’Ebolowa à dévoiler les gros bras qui se cachent derrière ce nouveau né de l’enseignement supérieur n’empêche pour autant pas à certains observateurs avisés de lire entre les lignes. Le Crades, dont les membres sont présentés aujourd’hui comme les principaux fondateurs de la structure (Pr André Zibi, Béatrice Elom, R Ngo’o) sont tous des transfuges de l’université protestante Edwin Cozzens d’Elat. Ils furent éjectés du bateau le 22 février 2010, par les pères de l’Eglise, en compagnie de leur président du conseil d’administration, René Désiré Effa (filleul de Jacques Fame Ndongo). Le modérateur de l’assemblée générale de cette église, Libom Li Likeng (nouveau Pca d’Elat) était une semaine après en mission commandée à l’Upec, pour rétablir l’honneur bafoué de l’Eglise dans cette institution académique.
Quelques jours après ce qui fut interprété sur place comme le « coup de force » de l’Epc, René Désiré Effa, le Pr André Zibi, ancien doyen de l’Upec et actuel président de l’Isle, le Dr Béatrice Elom, ex-secrétaire aux affaires académiques et chargée de la communication à l’Upec, Mr Ngo’o (ex-secrétaire général de l’Upec) et le Dr Richard Akoulouze, actuel recteur de L’Equateur, étaient aperçus du côté de Nkolandom, village de Jacques Fame Ndongo. Les deux parties, selon des témoignages concordants, avaient donc convenu de mettre sur pied leur propre université. Il aura seulement fallu quelques jours pour que l’Institut supérieur laïc de l’Equateur d’Ebolowa obtienne son agrément. Ce qui intrigue le plus est que les deux universités, à savoir l’université protestante d’Elat (Upec) et l’Institut supérieur de l’Equateur (Isle), sont toutes deux sous équipées et disposent des mêmes facultés et filières. D’où la question de savoir où se trouve finalement le chemin du salut pour les étudiants qui se bousculent aux portes de ces deux institutions privées de l’enseignement supérieur ?
Le fruit d’une autre bataille de positionnement
La création de l’Institut supérieur laïc l’Equateur (Isle) d’Ebolowa est interprétée sur place comme une riposte de Jacques Fame Ndongo à « l’insolence » manifeste des pasteurs de l’Epc, paroisse- Elat, et de ses anciens d’Eglise. Lesquels, en désavouant le président du conseil d’administration (René Désiré Effa), coopté par le ministre de l’Enseignement supérieur à l’Upec, dès son ouverture en 2007, affichaient clairement leur refus de demeurer sous la botte de l’homme fort de Nkolandom (lui-même ancien d’église). Avant que l’université Edwin Cozzens d’Elat (Upec), propriété de l’Epc-Synode Municam, ne soit traversée par des turbulences qui vont le secouer un an après sa création (suite aux querelles intestines entre les pères de l’Epc et les promoteurs laïcs), Jacques Fame Ndongo en était l’un des grands artisans. Mais, les pères de l’Eglise, déjà pas contents qu’un laïc (de surcroit non paroissien à Elat) soit imposé au départ comme Pca, entendaient jouer jusqu’au bout, sous l’impulsion de leurs anciens d’Eglise, autres dignes de fils de la Mvila, la carte de la résistance contre celui que l’on soupçonnait de vouloir infiltrer l’Upec pour la politiser.
La création en octobre 2009 d’un directoire à Elat ne fut pas, on le sait, digérée par les pasteurs qui auraient vu l’autorité de l’église s’effriter dans cette institution qui leur appartient. Même s’il est vrai que le Pr André Zibi, laïc (autre homme de Jacques Fame Ndongo), en est le vrai géniteur. Et que la paroisse d’Elat a juste offert son terrain et quelques bâtiments pour l’ouverture de l’établissement.
Après l’humiliation à lui infligée par les pères de l’Epc soutenus par certains anciens d’église d’Elat, Jacques Fame Ndongo, qui est resté silencieux jusqu’ici, a certainement voulu prouver à ses détracteurs d’hier qu’il détenait encore une dernière carte dans sa main. Mais, nombreux sont déjà à Ebolowa ceux qui s’interrogent sur les capacités réelles de la nouvelle université privée (Isle) à résister dans le temps. Logée presqu’à présent à la belle étoile et composée en majorité des transfuges de l’université protestante d’Elat, dont les méthodes managériales de quelques membres avaient suscité pas mal de controverses en leur temps, l’on espère que sous la férule de l’homme fort de Nkolandom, le syndrome de la corruption dans le recrutement des étudiants et l’incompétence ne feront pas leur lit dans la nouvelle institution.

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