Education: Les indemnités des enseignements réamenagées PDF Imprimer Envoyer
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Par Pierre Célestin Atangana, Mutations   
Jeudi, 27 Mai 2010 12:08

Un décret du Premier ministre fixe les nouveaux taux des vacations et arrête les avantages d’organisation.

 

Deux jours après le début des épreuves écrites du baccalauréat de l’enseignement technique industriel, les examinateurs et autres personnels enseignants intervenant dans la chaîne des évaluations, viennent de voir l’une de leurs revendications satisfaites par le gouvernement. Le décret du Premier ministre (Pm) daté du 25 mai 2010 qui porte «révision des vacations et des indemnités pour la participation au déroulement et à l’organisation des examens et concours relevant du ministère des enseignements secondaires», vient en abrogation du décret du 9 mai 1975 du président de la République, qui créait cette indemnité de participation.

 

La première curiosité du texte du chef du gouvernement c’est l’éclipse des examens relevant du primaire notamment le Certificat d’études primaires (Cep) et le First School Leaving certificate. Pour le reste, sont concernés par ces indemnités et vacations le concours d’entrée en sixième et en première année technique, le Bepc et le Gce O-level, le Cap, le concours d’entrée en seconde technique, le concours d’entrée aux Eniet, le Capiet, le probatoire, le baccalauréat et le Gce A-level. Pour toutes ces catégories et ordre d’enseignement, le taux des vacations est désormais harmonisé, allant de 500Fcfa suivant les dispositions de l’ancien texte, à 1500Fcfa par demi-journée. Aussi, pour la correction des copies, l’indemnité est désormais fixée à 60Fcfa pour le concours d’entrée en sixième, 100Fcfa pour le Bepc et 200Fcfa pour le Baccalauréat.

 

Les indemnités de responsabilité allouées aux examinateurs connaissent aussi une augmentation. Elles vont ainsi de 35 000Fcfa à 85 000 Fcfa soit plus de 100% d’augmentation en rapport au texte de 1979 dont les montants variaient entre 1000Fcfa et 30 000Fcfa. La grande innovation du texte du Premier ministre concerne les indemnités d’organisation des examens et concours. Ce volet consacre la rémunération du rendement, de la confidentialité et de l’astreinte. Les bénéficiaires de ces différentes indemnités sont les personnels des structures centrales, de l’administration centrale et des services déconcentrés impliqués dans la confection des sujets et de l’organisation des examens. Le forfait alloué à ces personnels oscille entre 50 000Fcfa et 500 000Fcfa.

 

Revalorisation

 

Si les enseignants saluent de façon générale cette revalorisation, les syndicats décrient l’ostracisme dont ils ont été victimes dans l’élaboration de ce texte, car d’après ces derniers, les problèmes de vacations datent de 1990. Pour Jean Marc Bikoko, enseignant et syndicaliste, la correction des examens relève d’une consultation dont le montant de la prestation doit faire l’objet d’un contrat entre le client et le prestataire. «Les examens font partie d’une activité particulière qui appelle l’expertise des enseignants que nous sommes en fin d’année; parce que dans le système anglophone par exemple, tout le monde ne corrige pas les épreuves».

 

Au niveau de la correction des copies, s’il pense qu’en valeur absolue il y a eu revalorisation, les effets sur le plan économique sont discutables d’après lui. «Pour corriger une épreuve du concours d’entrée en 6e, on met en moyenne 25 minutes ce qui veut dire qu’au bout d’une heure, l’enseignant gagne 240Fcfa. Du coup cette impression de servitude fera que les corrections seront faites dans la précipitation à cause de la course au gain», souligne le syndicaliste qui ajoute que le taux de la vacation demandée par les syndicats par demie journée était de 5000Fcfa au lieu de 1500Fcfa.

 

Au ministère des Enseignements secondaires, le directeur des examens, des concours et de la certification indique que le texte apporte beaucoup aux enseignants. «Avant, les enseignants étaient paupérisés, aujourd’hui avec ce texte, ils ont plus de considération», indique Alain Blaise Bisseaba. Ce qui n’est pas assez pour les enseignants qui pensent que le texte les prive de leurs droits notamment leurs frais de mission qui sont consacrés par un texte particulier, et fait la part belle aux personnels de l’administration centrale au détriment des hommes de terrain. «En fixant une indemnité forfaitaire de 85 000Fcfa par exemple, l’enseignant doit recevoir des frais de mission parce qu’il se déplace, et donc il faut intégrer l’hébergement et le transport par exemple.

 

Quand on donne entre 50 000 Fcfa et 500 000Fcfa aux gens pour des tâches de confidentialité et d’astreinte, c’est de la discrimination injustifiée», pense Jean marc Bikoko qui souligne que cela sous-évalue le travail des enseignants ainsi que leurs prestations.

Article Mutations

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Mise à jour le Jeudi, 27 Mai 2010 12:36
 
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