Vindicte populaire : Battu à mort pour une marmite PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Carole Prudence Tientcheu   
Jeudi, 08 Juillet 2010 13:12

La scène s’est passée aux environs de quatre heures ce 8 juillet 2010, au quartier Nkodengui dans le IVe arrondissement de Yaoundé, non loin de la gendarmerie du coin.

 


Nkodengui, une foule nombreuse de curieux de tous âges, encercle le corps sans vie d’un homme. « C’est le voleur de marmite» clame un enfant nullement apeuré par le spectacle d’un corps amoché donc la nudité est protégée par deux bouts de carton.

 
Couché sur le dos, les bras tendus en signe de croix, le visage enflé, les yeux mi clos, les arcades sourcilières gauche et droite béantes tout comme les blessures recensées sur les parties visibles de son corps, laissent échapper un liquide sanguinolent qui attire une armée de mouches.


Dans sa bouche entrouverte est plantée une brindille ayant servi des heures plus tôt à mettre en grille une brochette de viande (soya). Un fil électrique de couleur blanche enserre sa cheville droite. A sa gauche sont posés trois roues de voiture qui n’ont pas servi.


Sur les lieux les commentaires vont bon train. « Les autres vont se calmer en regardant leur camarade » ou « on a coupé les mains de ma fille l’autre jour. Ce n’est pas possible trop c’est trop » pouvait-on entendre. Chacun raconte sa version des faits en précisant ne pas l’avoir vécu, mais entendu.


Une dame, après nous avoir fait promettre de ne pas diffuser son image, raconte « je suis sortie à 4 heures quand j’ai suivi les bruits. J’ai vu le voleur il s’exprimait encore. A ses côté était posé une marmite qu’il aurait volé dans une maison après avoir forcé la porte».


Toujours selon cette dernière, le défunt n’était pas à son premier coup. Il a été identifié physiquement par un homme en tenue donc il avait essayé de forcer la voiture il ya de cela deux semaines.


A la gendarmerie de Nkodengui, on apprendra que le présumé voleur s’appelle Messanga Samuel et résidait avant sa mort, le quartier Emombo 2ème carrefour. Le gendarme qui n’a pas voulu décliner son identité a néanmoins avoué être arrivé sur le lieu de l’incident aux environs de 5 heures 40 quand respirait encore le défunt.


Nul ne doit se faire justice


Me Ntame Francis II, que nous avons rencontré explique que les acteurs de la vindicte populaire sont fautifs « c’est une infraction pénale qu’ils commettent car le code de procédure pénal ne le permet pas. Normalement dans les minutes qui suivent l’infraction, tous ceux qui se trouvent autours du corps sans vie, doivent être saisi pour besoin d’enquête ». Cette mesure va-t-il ajouter permettra de débusquer les coupables qui devront répondre de leurs actes.


A un peu plus de 11 heures quand nous quittions les lieux, aucune disposition n’avait encore été prise pour débarrasser le trottoir de ce corps inerte.

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Mise à jour le Jeudi, 08 Juillet 2010 16:20
 
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