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Une déclaration bilingue « qui n’appelle pas d’échange ». La nouvelle patronne du ministère de la promotion de la femme et de la famille a d’abord prévenu les journalistes conviés à ce point de presse.
Lequel portait sur le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Femmes, encore appelé « Protocole de Maputo ».
En présence des Ministres de la Communication Issa Tchiroma Bakary et des Affaires Sociales Catherine Bakang Mbog, Marie Thérèse ABENA ONDOA a donné la position du Gouvernement camerounais sur l’article 14, principal point de la controverse. Celui-ci stipule en effet que : « Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriés pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste, et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou du fœtus ». Cette disposition remarque la Ministre, est une reprise de l’article 339 du code pénal camerounais existant, et d’où « ne se dégage aucune orientation licencieuse ou permissive ».
« Certains ont poussé la conjecture et la présomption jusqu’à voir dans le texte visé un hymne à l’homosexualité », il n’ ya pas de doute pour le membre du gouvernement, ce sont « des interprétations alternatives, surprenantes et, à la vérité, dévoyantes ». « En l’état actuel de la législation nationale, ni l’avortement, ni l’homosexualité ne sont autorisés ». Bien plus, le Protocole de Maputo vient enrichir et renforcer l’arsenal juridique national, sans le moins du monde contrarier le dispositif législatif en vigueur. La principale innovation concerne la veuve et « la prise en charge de ses problèmes … des mesures concrètes visant à assurer l’exercice de tous ses droits humains, en lui évitant toute forme de traitements dégradants ou iniques dans toutes les sphères de la vie ». Il en est du respect du cadre juridique existant comme du respect de la procédure ayant abouti à la ratification du texte le 28 Mai 2009 par le Président de la République.
Marie Thérèse ABENA ONDOA explique que le projet de texte a été soumis à l’Assemblée Nationale, « examiné avec minutie et sans état d’âme, selon les règles et procédures consacrées, par les Représentants du peuple que sont, rappelons-le, les Députés ».
Globalement donc, « le Protocole de Maputo est en parfaite cohérence avec le projet de société du Chef de l’Etat et, partant, avec les orientations de politiques en la matière ».
Un document controversé
En Juillet 2009, le Cardinal Tumi avait conduit une marche contre l’homosexualité. Le 11 Juillet précisément, date correspondant à celle de l'adoption à Maputo (Mozambique), du protocole de la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, relatifs aux droits de la femme en 2003, environ 6000 personnes se sont rassemblés à l'esplanade de la cathédrale Saints Pierre et Paul de Douala. Les 2000 places assises que compte la cathédrale étaient toutes occupées.
Mgr Samuel Kleda, évêque coadjuteur de Douala au cours de son homélie avait alors orienté ses propos autour de la famille. Evoquant l’article 14 du Protocole, le prédicateur avait souligné l’adhésion « à ce projet bien louable. Qui resterait insensible devant les souffrances de la femme ?Cependant, on ne peut prétendre défendre la femme tout en lui proposant de provoquer l'avortement et d'utiliser des moyens de contraception qui portent pourtant atteinte à sa dignité et au noyau familial »,avait-il déclaré dans son sermon, appelant « au respect absolu de la vie. Par ailleurs, aucune raison ne peut être évoquée pour provoquer l'avortement ou l'infanticide ». Faisant à chaque fois référence aux passages bibliques, Mgr Samuel Kleda avait martelé que « toute autre forme d'union, en dehors de celle de l'homme et de la femme », est « contraire à la volonté de Dieu et n'entre pas dans son plan de vie ».
Encadrés par l’Archevêque de Douala, les manifestants composés de fidèles catholiques, musulmans et protestants étaient allés remettre au Gouverneur une lettre adressée au président de la République ainsi que la liste de 25 000 signataires des pétitions enregistrées dans les divers points de la capitale économique.
La protestation de ce Protocole n’avait cependant pas connu le même engouement auprès des autres dignitaires religieux de l’Eglise Catholique. Mgr Victor Tonye Bakot l’Archevêque Métropolitain avait par voie de communiqué indiqué que la Conférence Episcopale Nationale regroupant les Evêques du Cameroun ne s’était pas prononcé sur le texte alors controversé.
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