Pipeline Tchad-Cameroun : l’envers du décor PDF Imprimer Envoyer
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Par Pierre-Patrick Mouandjo   
Lundi, 07 Juin 2010 09:58

Des Ong ont organisé vendredi dernier une expédition des journalistes pour toucher du doigt les nombreux problèmes laissés par le passage de l’oléoduc.

 


La trentaine d’hommes et femmes de média qui ont pris part à ce voyage organisé par le Centre pour l’Environnement et le Développement(Ced), la Fondation Camerounaise pour une Action Rationalisée des Femmes sur l'Environnement (Focarfe) et le Réseau de Lutte contre la Faim (Relufa) ont constaté les déboires que subissent les populations de Nkonzock II, Nkometou I et Nkolntara depuis le passage du pipeline dans ces localités.


Carnet de route


La première étape de ce périple qui visait à sensibiliser les journalistes sur la face sombre du pipeline a eu lieu à Nkongzok II, un village situé à un jet de pierre de Ngoumou, le chef-lieu du département de la Mefou-Akono.


Les habitants de ce village ont fait état de leurs griefs contre les entreprises sous-traitantes de la Cameroon Oil Transportation Company (Cotco). Notamment Atm, Sikabat, Wilbros, Satom qui selon le chef Owona Jean-Pierre et Mba Fouda n’ont pas reversé les allocations de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (Cnps). Pourtant des sommes étaient retenues à cet effet dans leur salaire pendant leurs deux années de service. Comme preuves, ils ont présenté aux journalistes et cameraman des bulletins de paie. Toujours d’après les témoignages des habitants de Nkongzok II, la Cnps dit que les 60 personnes concernées par ce problème ne sont pas enregistrés dans ses fichiers.


Les résidents de cette localité ont également dénoncé les arriérés de salaire des personnes chargées d’entretenir l’emprise foncière du pipeline. Ceux-ci n’ont pas été payés depuis deux mois par la société 3N alors que cela doit se faire hebdomadairement.


Le deuxième arrêt du voyage s’est effectué à Nkometou I situé dans l’arrondissement de Soa. De ce côté, c’est la fermeture de la carrière à sable existant depuis 1930 qui est la source des récriminations contre Cotco. Lors du tracé du canal pétrolier Tchad-Cameroun, l’accès des camions à cette carrière, principal source de revenu des populations du village a été bloqué par des dos d’âne mis par la Cotco. Motif de cette fermeture l’oléoduc qui traverse la carrière ne doit en aucun cas être empiété par des véhicules, au risque de provoquer une érosion autour de la canalisation transportant le pétrole tchadien jusqu’à Kribi.

 

Messomo Michel, le chef de Nkometou I évalue le manque à gagner de sa communauté à 126 millions de francs Cfa. Soit 1 millions 500 mille par mois multiplié par les sept années depuis lesquelles, la carrière à sable n’est pas fonctionnelle. Son souhait c’est la réouverture de cet espace de travail dans les plus brefs délais.


L’ultime escale a eu lieu à Nkolntara près d’Obala dans la Lékié. Là-bas, il y’a un litige sur la compensation communautaire qui devrait se matérialiser en 52 pulvérisateurs et 53 brouettes pour un montant de 1 million 955 mille francs Cfa. Le secrétaire général de la chefferie, Vincent Nguini a exprimé son étonnement que Nkolntara soit le seul village sur les 242 du Cameroun qui n’ait pas encore reçu sa quotepart communautaire. Des gens de cette bourgade y voient la main malveillante de Melingui Cosnas, un agent de liaison de la Cotco originaire du coin.


Les points communs entre ces trois villages


Dans les trois villages visités par les journalistes, on a pu remarquer des similitudes. Tous ont la dent dure et des propos vindicatifs à l’égard de la Cotco et les sociétés de sous traitance. Les problèmes entrainés par le Pipeline ont aboutit à des tensions entre les chefferies et les populations. Les détenteurs du pouvoir traditionnel étant souvent soupçonnés de recevoir de l’argent à l’insu de leurs congénères. Enfin les revendications ont quelquefois étaient fortement réprimés par les forces de l’ordre allant jusqu’à des emprisonnements.


Les conclusions des Ongs


Samedi 5 juin 2010 à l’occasion du dixième anniversaire de l’approbation par la Banque Mondiale du projet Pipeline Tchad Cameroun, Le Ced, la Focarfe et le Relufa ont tenu une conférence de presse à la Fondation Tandeng Muna.


Au cours de celle-ci, des représentants Bagweli de l’Est, des communautés de la Vina dans l’Adamaoua, des pécheurs du département de l’Océan au Sud, de Nkolntara et Nkometou I ont parlé leurs difficultés et émis leurs doléances à l’endroit de Cotco, du gouvernement et de la société civile.
 

Les experts quant à eux ont exposé sur le rapport intitulé « « PIPELINE TCHAD — CAMEROUN, 10 ANS APRÈS : QUEL BILAN? QUELLES PERSPECTIVES? ». Ils ont évoqué les problèmes en suspens causés par l’oléoduc, les responsabilités des parties engagées. Dégagé les leçons apprises et planché sur des propositions.


Ils ont entre autre demander à la Cotco de publier la liste et le montant des compensations jusque là effectuées ; à la Banque de Mondiale de cesser de les investissements dans les pays en déclin, au gouvernement de jouer son rôle de régulateur et de contrôle.


Lors de cette conférence de presse, Cotco, le gouvernement et la Banque Mondiale étaient représentés. mais le représentant de Cotco n'a pas souhaité parler à la presse.
 

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Mise à jour le Mardi, 08 Juin 2010 10:34
 
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