Population autochtones : La marginalisation continue PDF Imprimer Envoyer
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Par Carole Prudence Tientcheu   
Mercredi, 11 Août 2010 16:42

« Insertion socio-économique pour les autochtones vulnérables : défis et opportunités », c’est le thème sous lequel a été célébré la 3ème édition de la journée internationale des peuples autochtones le 9 août 2010.

 


Au Cameroun, les manifestions relatives à cet événement se sont déroulées en présence du ministre des affaires sociales Catherine Bakang Mbock à Ngambé Tikar.


Le choix de cette localité du département du Mbam et Kim ne s’est pas fait au hasard. Il repose sur le fait que les pygmées notamment Bedzang présentés par des experts comme «des exclus parmi les exclus » et les Bororos y sont installés.


Ces derniers font partie des deux catégories de peuples autochtones présentes sur l’étendue du triangle national. Des peuples qui par leur histoire, leur culture, leur mode de vie, leur identité différents de ceux de la société en général font face à de nombreux problèmes.


Difficultés liées à la modernisation


Déguerpis de leurs terres sans respect de la loi, les peuples autochtones sont très souvent abandonnés à eux-mêmes et lésés par l’administration qui ne prend pas en compte leurs doléances.
 

C’est le cas des pygmées Bagyéli, dont des villages et forets entiers ont été détruits pour la construction pipeline Tchad-Cameroun ou pour l’exploitation des ressources forestières. Cela sans qu’ils y’aient droit à des indemnisations appropriées comme le rapporte une enquête menée par un groupe Ong (Ced, Racopy,Fpp) en janvier 2010.


Cette situation empêche ces populations de vivre de leurs activités habituelles que sont la chasse, la pêche, et la cueillette. « Notre nourriture se trouve en forêt, de même que nos remèdes...pourquoi nous défendre d’aller en forêt, pourquoi nous torturer quand nous y allons » ont confié certains pygmées Baka dans le cadre d’une étude faite en 2010 par des organismes de la société civile.


Un autre problème auquel sont confrontées les populations autochtones, est le manque d’information dans lequel les confine les autorités. Nadine Mballa, chef de projet au Centre pour l’Environnement et le Développement (Ced) indique qu’elles sont rarement mises au parfum des décisions concernant leur espace de vie. Ainsi du jour au lendemain, une zone d’habitation des populations autochtones peut être déclarée aire protégée sans aucune débat préalable entre les parties.


Les peuples autochtones se plaignent également du non accès aux soins de santé, à l’éducation ou aux juridictions.

Esquisses de solutions


Pour remédier à ces différents problèmes les Ong et les organisations internationales estiment qu’il faut faire respecter la loi. En effet la convention N° 169 de l’Organisation Internationale du Travail(Oit), prévoit en son article 2 que les gouvernements doivent s’ « assurer que les membres desdits peuples bénéficient, sur un pied d’égalité, des droits et possibilité que la législation nationale accorde aux autres membres de la population ».


Dans le domaine de l’éducation, le Ced préconise la prise charge complète par l’Etat de la scolarité des populations autochtones. Allant dans le même sens, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unis a recommandé à l’Etat du Cameroun de développer et mettre en œuvre en concertation avec les peuples autochtones, des programmes d’éducation répondant à leurs besoins particuliers à l’instar de la méthode Observer-Réfléchir-Apprendre(Ora) prenant en compte leurs réalités sociologiques.

 

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