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Les ayants-droit ont jusqu’à vendredi pour venir les récupérer, faute de quoi ils seront inhumés samedi dans une fosse commune. Depuis que le communiqué demandant aux propriétaires de corps abandonnés à l’hôpital Laquintinie a été diffusé en début de semaine, quelques personnes...
viennent s’enquérir de la situation à la morgue de l’établissement hospitalier. Mais surtout, des curieux défilent devant la liste des 126 corps affichés. « Comment des gens peuvent abandonner même les corps de bébés à la morgue ? », s’interroge, choqué, un passant. Tout à côté, une jeune dame scrute attentivement la liste, en y faisant coulisser son doigt. A la question de savoir si elle vient reconnaître un corps, elle s’exclame, outrée : « Qui ça ? Ah, je me suis trompée de liste. Où est celle des retraits d’aujourd’hui ? ». Difficile de savoir si son attitude est feinte. Pour le personnel hospitalier, même si de rares corps sont récupérés, en général, les propriétaires ont de la gêne à venir identifier leurs corps abandonnés.
Selon Geremie Solle, directeur de l’hôpital Laquintinie, l’opération qui se tient régulièrement vise à désengorger la morgue de l’hôpital. « Il s’agit d’une opération officielle. A un moment, les établissements hospitaliers publics décident de l’enterrement des corps abandonnés depuis un certain temps (environ six mois au moins). Nous en informons la préfecture pour demander l’autorisation de les inhumer. Le processus est alors déclenché », confie Geremie Solle. Parmi les institutions qui approvisionnent le plus la morgue, se trouvent notamment les brigades de gendarmerie, les commissariats et les sapeurs-pompiers. Ces derniers acheminent des corps de présumés malfrats, victimes de la vindicte populaire, de mort par noyade, fœtus et bébés abandonnés, etc. L’on note aussi la présence de prisonniers de New-Bell. « Certains sont laissés par des personnes formellement identifiées, mais qui ne veulent plus s’occuper des obsèques. Et après, elles ne répondent plus à nos multiples relances », précise Geremie Solle. Certains macchabées sont là depuis plus de deux ans.
Depuis quelques années, une commission a été créée pour gérer les cas de corps abandonnés. Celle-ci dispose d’un compte bancaire financé par la Cud, l’hôpital et les mairies d’arrondissement afin de financer notamment le ramassage des corps abandonnés dans la ville. Cependant, la durée du séjour à la morgue est supportée par l’hôpital, selon Geremie Solle. Il convient cependant de noter que certains corps proviennent d’autres établissements hospitaliers de la ville. Les propriétaires formellement identifiés peuvent récupérer leurs corps jusqu’au vendredi 30 octobre prochain. Faute de quoi, ils seront inhumés dans une fosse commune dès le lendemain au cimetière du Bois des Singes, « dans la dignité et des conditions convenables », précise le directeur de Laquintinie. Une commission composée de représentants de l’hôpital, du commissariat central 1, du préfet du Wouri, de la Cud, des sapeurs-pompiers et des mairies encadrera l’opération.
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