Comice agropastoral d’Ebolowa : Réalités d’un interminable chemin de croix PDF Imprimer Envoyer
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Par Antoine Zanga envoyé spécial à Ebolowa   
Vendredi, 17 Décembre 2010 09:03

Au lendemain du report de la date du comice, les exposants et autres opérateurs économiques qui s’étaient déjà installés au village du comice ont tout de suite commencé à remballer. Grand reportage

Deux jours après le report de la grande fête des agriculteurs d’Ebolowa, les derniers exposants quittent le village du comice. Les autres ont quitté les lieux la veille. Ils avaient pourtant déjà installé leurs produits, pensant que le comice se tiendra le 15 décembre.

 

Juste à côté de l’entrée du village, l’image de deux jeunes hommes baraqués, rempaquetant d’énormes appareils de sonorisation mobilise les regards des personnes qui se trouvent aux alentours. Cette sonorisation appartient à une société de téléphonie. Ils ont même joué de la musique quelques soirées avant le report du comice.


Au fond du site du comice, une trentaine de mètres après plusieurs maisons traditionnelles bâties pour l’évènement, des produits en bois travaillé en forme tamtam sont mis dans un pick-up par trois individus. Ces produits appartiennent à une société de transformation de bois dont le siège est à Douala à plus de 400 km du village du comice. « Que pouvons-nous faire d’autre ? Nous les ramenons à Douala » explique désemparé l’un des trois hommes.


Un peu plus haut en allant vers la tribune présidentielle, un groupe de jeunes démontent des chapiteaux qui devaient servir à cette grande fête des agriculteurs reportée pour le mois de janvier. Selon des informations glanées sur place, quelques cent cinquante de ces chapiteaux, seront démontés et transportés à la foire promotionnelle Yaoundé en Fête (Ya-Fe). Une aubaine pour la Fondation Interprogress qui en a besoin sur le site de Yaoundé en fête. Cette fondation s’occupe de l’organisation logistique de Ya-Fe et du Comice.


Mardi 14 décembre 2010, des mouvements d’humeur ont eu lieu sur le site du comice. Selon une source sur place, les agents de sécurité ont refusé que des femmes fassent sortir leurs produits. La raison : ils n’avaient pas encore reçu l’ordre, d’où la colère de ces exposantes.


Dans les services du gouverneur, l’on s’emploi maintenant à renforcer la sécurité sur le site du comice et à maintenir son animation jusqu’en janvier.


Loin du site du comice…pour le comice


Quelques heures après, la nuit prend possession de la ville d’Ebolowa. Une petite enquête révèle que des prostituées venues pour ce même comice plient aussi bagage. C’est le cas de Solange. La quarantaine dépassée, elle nous fait savoir qu’elle est venue d’Abam « pour travailler » pendant le comice. Mais … « je rentre demain pour revenir en janvier, il n’y a rien d’autre à faire » lance – t – elle déçue.


A deux cent mètres du carrefour «Tam zu » devenu carrefour an 2000, réputé pour la très grande prostitution qui y règne, se trouve un bar délocalisé de Yaoundé pour l’évènement reporté. Suzy, serveuse dans ce bar situé en pleine maison privée en bordure de route, nous fait savoir que le débit de boisson sera ramené à Yaoundé en fin de semaine pour les fêtes de fin d’année.


Prêt à tout malgré tout


Toutes les opérateurs économiques et exposants rencontrés sur le site sont prêts à revenir en janvier parce qu’ils ont investi pour avoir des stands au village du comice. En même temps, tous regrettent le report du comice.


Tous les opérateurs économiques rencontrés déplorent l’argent dépensé pour le transport et l’hébergement. Certains quittent la ville après une semaine de séjour. Des commerçantes sur place ont acheté d’importants produits périssables pour écouler pendant la fête, mais ce ne sera plus le cas. Certaines femmes mettent même déjà le pagne du comice avec le slogan « Ebolowa 2010 », en attendant « Ebolowa 2011 ».


Les raisons visibles du report


Au village du comice ce 15 décembre, plusieurs chantiers sont inachevés. A côté de la tribune présidentielle, quelques employés montent encore des lits pour les 1200 agriculteurs qui viendront montrer leur savoir faire pendant le comice. Derrière, cette même tribune de l’autre côté de la route, la construction des toilettes commencée il y a seulement une semaine se poursuit. Tout comme la route située à proximité où le gravier n’a été versé que cette semaine.


Partout dans la ville même un aveugle peut remarquer que des chantiers sont en cours à côté des services et du domicile du gouverneur ; domicile dans lequel le chef de l’Etat est sensé séjourner pendant le comice. Des gens continuent aussi de travailler au carrefour an 2000 où des jets d’eau seront installés. Difficile aussi de ne pas voir ces routes bien bitumées mais avec des trottoirs dont les pavés ne sont pas totalement posés.


Ebolowa n’a toujours pas résolu le problème des coupures d’eau et d’électricité. Un véritable calvaire pour les populations de cette ville qui attendent ce comice depuis plus de 20 ans déjà.


Les lourds pourcentages de taux de réalisation des travaux distillé par certaines autorités dans les médias, n’avait donc rien avoir avec la réalité sur le terrain.

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Mise à jour le Vendredi, 17 Décembre 2010 10:15
 
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