Yaoundé : Les taximen prennent la grosse tête PDF Imprimer Envoyer
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Par Dorine Temeching   
Jeudi, 13 Janvier 2011 18:39

Depuis l’interdiction des contrôles routiers de routine dans les villes du Cameroun, les conducteurs de taxi se comportent comme dans un no man’s lands.

Yaoundé est une véritable jungle. A tous les carrefours, des bouchons interminables longent la chaussée. Au milieu des klaxons des véhicules, les policiers réagissent à peine. Comme ici au marché Mfoundi, ce 13 janvier 2011.

 

Il est un peu plus de 12h et le soleil est au zénith. Les véhicules avancent à peine. Des chauffeurs s’arrêtent en pleine chaussée et dépose des clients sous le regard des policiers, qui se contentent de menaces verbales.

 

Les habitants vivent ahuris ces scènes depuis que Martin Mbarga Nguélé, le patron de la police a décidé de suspendre le contrôle de routine sur les axes routiers des centres urbains du Cameroun.

 

Et déjà beaucoup exhorte que la mesure soit éternelle. « C’est le paradis sur terre. Vous vous imaginez qu’on peut porter un client en surcharge et le déposer devant un policier sans qu’il ne brandisse son sifflet. C’est tout simplement magnifique », raconte avec un large sourire, Yaya, chauffeur de taxi.

 

La mesure ne fait pas cependant que des heureux du côté des conducteurs des petites voitures jaunes. « C’est devenu infernal. Chacun fait comme bon lui semble », déplore Jean Baptiste Ndzié Ntsama, un autre chauffeur de taxi. Un son de cloche plutôt minoritaire car même du côté des syndicats, l’interdiction du contrôle routier est également saluée.

 

Selon le président national du Syndicat national des conducteurs des transports urbain, inter urbain et routiers du Cameroun (Synnactuircam), cette décision vient mettre fin aux tracasseries auxquelles faisaient face les taximen.

 

« Les conducteurs de taxi travaillaient avec la peur au ventre de voir le peu d’argent qu’ils ont récolté, happé par les policiers », raconte Patrice Samen. C’est pourquoi « lors d’une réunion tenue avec Martin Mbarga Nguélé après sa nomination, nous avons dénoncé les rapports entre la police et les conducteurs. C’est ce qui a conduit à cette résolution ».

 

Toutefois, celui qui milite pour des meilleures conditions de travail des taximen se pose des questions. « Cette décision est – elle provisoire ? Quel type de contrôle préfère le Dgsn ? Les convocations vont – elles ressurgir ? Où le chauffeur de taxi doit – il payer les contraventions ? ». Il compte bien soumettre toutes ces interrogations à Martin Mbarga Nguélé lors de la réunion qu’il organise ce 14 janvier avec les syndicats des transports.

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Mise à jour le Jeudi, 13 Janvier 2011 20:08
 
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