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Affaire BBJ-2 : Yves Michel Fotso charge Otélé Essomba et Meva’a Meboutou PDF Imprimer Envoyer
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Par Michel Biem Tong   
Mardi, 14 Août 2012 07:52

Lors de sa déposition devant le tribunal de Yaoundé ce lundi, l’ancien directeur  compagnie aérienne Camair a indiqué que l’ancien ministre de l’Economie Michel Meva’a Meboutou a joué un rôle trouble dans l’achat de l’avion présidentiel. Yves Michel Fotso a également qualifié l’expert Otélé Essomba de « débrouillard ».

On attendait 14 témoins devant la barre pour déposer en sa faveur. Mais « compte tenu de la clarté des débats jusqu’ici », l’ancien directeur général de la de la défunte Cameroon Airlines (Camair) Yves Michel Fotso a décidé d’être son propre témoin. C’était ce lundi 13 août au cours de 8e audience de l’affaire de l’achat d’un avion présidentiel.

 

L’ancien secrétaire général de la présidence de la République Marafa Hamidou Yaya, Yves Michel Fotso et quatre autres personnes (dont trois ne se sont toujours pas présenté devant la barre) sont accusés de coaction et de complicité de détournements d’une somme de 29 millions de dollars (22.5 milliards de Fcfa) qui devait servir à l’acquisition, en 2001, d’un aéronef présidentiel de type Bbjet-2 : « je suis surpris par de telles accusations, c’est inconcevable, je me suis toujours mis de manière automatique à la disposition de la justice dans cette affaire », se défend Yves Michel Fotso dont c’était le tour de témoigner, après la déposition de Marafa Hamidou Yaya du jeudi 9 août.

 

31 millions de dollars virés « unilatéralement » par Meva’a

 

Pour Yves Michel Fotso, il est clair que c’est « de façon unilatérale » que le ministre de l’Economie et des Finances à l’époque des faits, Michel Meva’a Meboutou a décidé de faire virer par la Société nationale des hydrocarbures (Snh), 31 millions de dollars (environ 24 milliards de Fcfa) à Gia international, entreprise spécialisée dans le financement des aéronefs. Soit 2 millions de dollars (1.5 milliards de Fcfa) de déposit à la Commercial Bank of Cameroun pour réserver l’avion chez Boeing et les 29 millions de dollars à la Bank of America.

 

Au cours de la réunion convoqué courant août 2001 par le secrétaire général de la présidence de la République, Marafa Hamidou Yaya, le ministre de l’Economie a « catégoriquement refusé » le mode de financement du stand by letter of crédit. Sous le prétexte que l’Etat était capable d’acheter un avion présidentiel et sans passer par des banques.

 

Selon L’ancien Dg de la Camair, qui, le 20 juin 2000 a hérité d’une compagnie aérienne financièrement mal en point, l’entreprise dont il a eu la charge jusqu’en novembre 2003, avait été utilisé comme « mot de passe », c’est-à-dire l’acquéreur du Bbj-2, « pour éviter de narguer nos partenaires au développement (Fmi, Banque mondiale, ndlr) fortement opposés à l’idée de l’achat d’un avion présidentiel », a en croire Meva’a Meboutou lors d’une de ses auditions à la police judiciaire de Yaoundé en 2008.

 

Les multiples activités de Apm

 

Pour ce qui est du cabinet d’audit Aircraft Portfolio Management (Apm) chargé d’auditer les contrats de location d’avion de la Camair, son directeur adjoint Hubert Otélé Essomba qui a accablé Yves Michel Fotso lors de sa déposition a été traité de « débrouillard » par ce dernier. L’expert en audit n’est pas moins le neveu de feu René Owona, l’ancien secrétaire général adjoint No 2 de la présidence à qui il adressait des correspondances.

 

L’on a appris de Yves Michel Fotso, sur la base des courriers destinés à de hauts responsables camerounais, que le cabinet Apm exerçait non seulement dans l’audit des contrats d’achat d’avion, mais aussi dans la maintenance des hélicoptère pour le compte de la police, la vente des pièces de voitures et de pneus à l’armée camerounaise, le commerce du carburant, et la livraison des lunettes de visée nocturne au général René Claude Meka.

 

Contrairement aux déclarations faites par Otélé Essomba lors d’une précédente audience, Yves Michel Fotso, s’appuyant sur un procès verbal du conseil d’administration de Gia international daté du 29 août 2001, a dit ne pas être membre du conseil d’administration de Gia, une société qui a au moins une douzaine de responsable, et non deux employés comme l’a indiqué Otélé.

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Mise à jour le Mardi, 14 Août 2012 08:26
 
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